Quelques conseils pour les débutants … et les autres

Le premier contact

Dans l’émotion de la rentrée comme dans le quotidien de la suite de l’année, il revêt une importance particulière par rapport aux élèves de ZEP dont la particularité est d’identifier encore plus qu’ailleurs l’école aux enseignants, même si le souci de tous les maîtres reste de limiter la dimension affective dans la relation éducative pour privilégier l’autonomie et la responsabilité de l’élève en toute situation, scolaire et sociale.

Le maître se veut un modèle et une référence ; il doit se montrer à la hauteur de cette responsabilité dans la représentation de son rôle au sein d’une classe (dans son attitude, ses propos, sa tenue vestimentaire…).

En effet, loin de revêtir un caractère légal immédiat comme jadis, l’autorité de l’enseignant est aujourd’hui un acte en déroulement à construire et à légitimer : il faut paradoxalement prouver son statut, devenir un repère pour les élèves souvent perdus et demandeurs dans une logique contradictoire d’attraction‑répulsion pour une autorité qu’ils perçoivent pourtant, certes inconsciemment, comme nécessaire.

Le rite d’entrée...

Il a deux fonctions essentielles : accueillir et préparer.

On se doit en ZEP, de prendre le temps d’accueillir les élèves à chaque début de journée (ou de « temps d’apprentissages »), et d’installer les conditions favorables à une bonne mobilisation cognitive.

Les salutations réciproques font partie de l’apprentissage de l’urbanité, il convient de ne pas les oublier car elles participent des principes de courtoisie, de savoir vivre et de l’apprentissage de la vie collective qui font partie plus que jamais de la mission de l’enseignant. L’élève a besoin en outre d’être reconnu pour construire sa relation à l’autre dans le respect mutuel.

Les élèves ont besoin de se mettre en état d’apprendre, dans le projet d’apprendre (comme le conseille A. de Lagaranderie dans une pédagogie de l’attention), soit parce qu’ils arrivent d’un milieu familial qui ne les a pas préparés, soit parce qu’ils sortent d’une activité différente, de la récréation ou des couloirs, et qu’ils ont besoin d’être remobilisés.

La préparation des élèves à la séance sur le plan matériel et intellectuel nécessite d’y consacrer un temps long en début d’année, particulièrement lorsque les élèves sont très jeunes ou en difficulté, mais elle s’automatise au fur et à mesure si l’enseignant est précis, mesuré mais constant dans ses exigences et vigilant quant à leur application. C’est encore une fois par l’exemple, en étant aussi exigeant envers soi qu’envers les autres, que l’enseignant peut espérer obtenir des progrès et des résultats.

Que ce soit en maternelle avec un temps institutionnalisé d’une vingtaine de minutes, (où l’enfant peut entrer dans l’univers de l’école) ou en élémentaire, il est préférable de prendre le temps nécessaire à un accueil par des rituels qui matérialisent le début de la séance, en se souvenant que perdre du temps ici, c’est en gagner plus tard.

En ZEP, le premier devoir de l’enseignant est d’éviter les situations de blocage qui peuvent naître d’un aveuglement par les programmes, ou d’exigences personnelles démesurées et préconçues.

La souplesse intellectuelle, la faculté de douter pour reconstruire, bref la capacité de rebondir sur une réponse d’élève inattendue comme sur un incident et en accoucher d’un progrès, sont autant de qualités pour un enseignant en établissement difficile.

On pourra remarquer que plus les élèves sont jeunes ou plus ils ont rencontré de difficultés à l’école (classes à profil spécifique), plus un temps d’accueil est indispensable : les élèves se sentent ainsi reconnus, pris en considération dans leur dignité. La « conversation », forme sublimée du duel, selon M. Fumaroli, informelle mais structurée par des règles de prise de parole et un temps limité, permet, pour les plus âgés, de 1imiter les « parasites » d’une situation d’apprentissage en prévenant les conflits et les comportements de défi.

Ce moment devrait être institutionnalisé dès le début de l’année, donc anticipé, défini précisément et réactivé en permanence par l’enseignant.

Cependant, s’il relève certes de sa responsabilité individuelle, il gagne à être mis en oeuvre collectivement par l’équipe éducative (exigences communes sur l’école), pour en assurer l’assimilation par les élèves.

... et de sortie

Il s’inscrit naturellement dans cette logique et doit être structuré conformément aux exigences de la vie dans un établissement scolaire en matière de calme et de respect des autres, des lieux, de la propreté…

Il est utile à la gestion du groupe et signifie que des exigences existent hors de la classe et que l’école constitue précisément une initiation à celles‑ci.

Tout comme dans le rite d’entrée en classe, il convient de se saluer, de se dire au revoir avant de se quitter !